dimanche 19 août 2007

Federico García Lorca

Je ne sais que très peu de choses de lui…
Je le ne connais que par procuration, à travers la vie et l’œuvre d'un Maître qu’il a côtoyé et qu’il a aimé, à travers ce billet de Vincent
Je sais qu’il est mort fusillé un 19 août parce qu'il était jugé provocateur et qu'il était homosexuel dans cette Espagne tourmentée de 1936 réactionnaire et engoncée dans la religion...

Federico García Lorca y Encarnación López Júlvez

Le hasard du Net m'a fait découvrir cette chanson de lui :

Ame absente

A mi querida amiga Encarnación López Júlvez

Ni le taureau ni le figuier ne te connaissent,
Ni les chevaux ni les fourmis de ta maison.
Ni l'enfant ni le soir ne te connaît
Parce que tu es mort pour toujours.

Ni l'arrête de la pierre ne te connaît,
Ni le satin noir où tu te défais,
Ni ton souvenir muet ne te connaît
Parce que tu es mort pour toujours.

L'automne viendra avec ses conques,
Raisins de nuages et cimes regroupées,
Mais nul ne voudra regarder dans tes yeux
Parce que tu es mort pour toujours.

Parce que tu es mort pour toujours,
Comme tous les morts de la Terre,
Comme tous les morts qu'on oublie
Dans un amas de chiens éteints.

Nul ne te connaît plus. Non. Pourtant, moi, je te chante.
Je chante pour des lendemains ton allure et ta grâce.
La maturité insigne de ton savoir.
Ton appétit de mort et le goût de sa bouche.
La tristesse que cachaient ta joie et ta bravoure.

Il tardera longtemps à naître, s'il naît un jour,
Un Andalou si noble, si riche d'aventures.
Je chante son élégance sur un ton de plainte
Et je me souviens d'une brise triste dans les oliviers.


Traduction originale du poème en français; Sylvie Corpas© et Nicolas Pewny© :
(traduction agréée par la Fondation et les héritiers de Garcia Lorca)

Suit la version originale par respect envers l'auteur et pour tous ceux qui sauront l'apprécier

Alma ausente

No te conoce el toro ni la higuera,
ni caballos ni hormigas de tu casa.
No te conoce el niño ni la tarde
porque te has muerto para siempre.

No te conoce el lomo de la piedra,
ni el raso negro donde te destrozas.
No te conoce tu recuerdo mudo
porque te has muerto para siempre.

El otoño vendrá con caracolas,
uva de niebla y montes agrupados
pero nadie querrá mirar tus ojos
porque te has muerto para siempre.

Porque te has muerto para siempre,
como todos los muertos de la Tierra,
como todos los muertos que se olvidan
en un montón de perros apagados.

No te conoce nadie. No. Pero yo te canto.
Yo canto para luego tu perfil y tu gracia.
La madurez insigne de tu conocimiento.
Tu apetencia de muerte y el gusto de su boca.
La tristeza que tuvo tu valiente alegría.

Tardará mucho tiempo en nacer, si es que nace,
un andaluz tan claro, tan rico de aventura.
Yo canto su elegancia con palabras que gimen
y recuerdo una brisa triste por los olivos.

Federico Garcia Lorca

2 commentaires:

Anonyme a dit…

C'est toi qui m'as appris qu'aujourd'hui était la date anniversaire de sa mort. Ça me fait plaisir que tu t'intéresses à son oeuvre et surtout que ça te plaise. Parce que j'aime vraiment beaucoup moi aussi.

Alcib a dit…

Je connais depuis longtemps l'existence de Garcia Lorca (j'ai eu un ami chilien qui en parlait souvent) mais mon peu de curiosité pour la curiosité pour la culture hispanique m'a empêché de m'y intéresser vraiment. Par toutes sortes de détour, j'y viens lentement ; je crois qu'il me manquait quelques liens pour y arriver.